lundi
21
août 2017

A l'encontre

La Brèche

«Pour une démonstration de force pacifique et déterminée»

Publié par Alencontre le 6 - novembre - 2010

Le Havre de grève

Dans le cadre du vaste mouvement social qui a marqué le paysage social et politique de France – mouvement qui a commencé fin mai 2010, avec une première journée de mobilisation le 24 juin 2010, suivi d’un travail d’explication des «équipes syndicales» durant les mois de juillet et août et d’une journée de lutte le 7 septembre 2010, dont la force dépassa beaucoup de prévisions – sont apparues, après le 12 octobre, des Assemblées générales (AG) interprofessionnelles.

Il ne s’agit pas d’en exagérer l’importance, en nombre et en ampleur. Mais leur surgissement est un élément nouveau. Il traduit une poussée – qui s’agira de mesurer avec plus de précision – vers l’auto-organisation des travailleurs et des travailleuses.

Nous reproduisons ci-dessous l’Appel national de l’AG Interprofessionnelle du Havre adopté à l’occasion de la journée de mobilisation du samedi 6 novembre. Il est publié dans le No. 16 de la publication Le Havre de grève.

Cette assemblée générale (AG) interprofessionnelle du Havre – réunissant CGT-CFDT-FSU-Solidaires – est notamment représentative des entreprises de la zone portuaire. Elle s’est prononcée pour une manifestation nationale, en la fixant au 13 novembre.

Cela traduit une volonté d’en découdre avec le pouvoir central, sans faire de la promulgation de la loi de «contre-réforme» des retraites un obstacle qui fixe, définitivement, une limite au combat social et politique. Ce que font les appareils politiques centraux de la CFDT et de la CGT.

Dans cet appel, l’AG interpro s’adresse à l’Intersyndicale. Elle manifeste son appui à l’unité, mais indique que cette dernière doit se traduire par une centralisation donnant une caractéristique de construction d’un mouvement du salariat comme classe. C’est dans ce sens que peut être compris l’appel à une manifestation nationale à Paris le 13 novembre 2010.

De même, s’exprime la volonté que les réunions de l’Intersyndicale soient ouvertes aux représentant·e·s des diverses AG interpros locales. Ce qui est aussi un processus nouveau. Il peut nourrir les éléments à venir (et d’avenir) d’un «syndicalisme de lutte», ou d’une reconstitution – lente et difficile – d’un mouvement de lutte de classe indépendant des salarié·e·s. (Rédaction)

*****

«Malgré le soutien appuyé des médias aux ordres, le gouvernement Sarkozy a perdu la bataille de l’opinion. La population a compris toute l’injustice du projet de réforme des retraites soutenu par le MEDEF [patronat] et le gouvernement. Cette loi ne vaut bien que pour Woerth [ministre du travail] et Sarkozy qui ne savent compter que pour leurs «camarades» de Classe. Nous avons désormais compris qu’un autre partage des richesses est nécessaire et possible pour financer les retraites.

L’unité affichée par les directions nationales des confédérations et unions interprofessionnelles a contribué à la construction d’un formidable mouvement populaire durable et déterminé soutenu par la majorité de la population. Elle a permis également à des millions de salarié·e·s victimes de la dégradation de leurs conditions de travail, de la baisse de leur pouvoir d’achat, de la précarisation de leurs emplois, des licenciements et du chômage, de reprendre confiance dans la force de la mobilisation.

Dans toutes les villes, des solidarités et des liens fraternels se sont noués entre les militant·e·s d’organisations syndicales différentes et tous les secteurs en lutte pour réclamer le retrait du projet. Il ne faut pas gaspiller cet acquis formidable et battre le fer quand il est chaud, dès le 6 novembre dans la rue.

Contrairement à ce que disent le MEDEF et le gouvernement Sarkozy, le mouvement n’est pas terminé. Partout dans le pays se multiplient les actions de blocage, les manifestations de rue, les réunions publiques. Il faut maintenant frapper fort et tous ensemble. Nous sommes prêts à tout mettre en œuvre pour que nous soyons des millions dans les rues de la capitale.

Les organisations nationales doivent appeler à une manifestation nationale à Paris le samedi 13 novembre.

Si cette démonstration de force pacifique et déterminée ne suffit pas, il faut que ce soir-là, les directions nationales des organisations syndicales réunissent à Paris des délégations de toutes les villes, des grandes entreprises du pays pour décider d’appeler à une journée de grève générale et à la reconduction du mouvement, jusqu’à ce que le gouvernement renonce à promulguer ou appliquer la loi et décide enfin d’ouvrir de véritables négociations.»

Adopté par: Pour 120; Contre 7; Abstentions 7.

Le Havre de grève de ce samedi 6 novembre 2010

Vous pouvez écrire un commentaire, ou utiliser un rétrolien depuis votre site.

Ecrire un commentaire





FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org